Ce mois-ci les rédac blogueurs Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Christophe, Hibiscus, Alcib, Anne, Joël, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Marie, V à l’ouest, Jo Ann v, Catie, Nanou, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, et Froggie, se penchent sur le phénomène étrange que sont les chocs culturels.
N’ouvreriez-vous pas grands les yeux si l’on vous apportait un verre de coca d’une contenance de 2L alors que dans votre pays, il ne dépasse jamais plus que les 33 cl ? N’avez-vous pas été absolument répugnés par tous ces gens fumant sous votre nez alors que vous tentez de déguster un appétissant filet mignon ? Intrigués de voir que les lits ont une hauteur vertigineuse ? Interrogés sur l’origine de la bise sur la joue des Français ou du celui du manque de contact physique chez les Américains ? Emerveillés de voir des supermarchés ouverts 24/24h et 7/7 ? Horrifiés d’avoir appris que la majorité du pays où vous vivez soit en faveur de l’avortement et pour la peine de mort ? Dévasté de voir que le gouvernement est soutenu dans ses coupures budgétaires pour l’Education nationale ? Estomaqué par la conduite des autochtones ? Frustrés de ne pas pouvoir trouver votre gourmandise dans la boulangerie-pâtisserie du quartier ? Lost in translation par votre serveuse dans un restaurant chinois? Attristés par des attitudes absolument incompréhensibles ?
Si oui, vous etes ou avez été, comme moi, le sujet d’un ou plusieurs chocs culturels. Ces derniers sont sournois, voire pernicieux. Ils ne se manifestent pas d’emblée, mais se développent au fur et à mesure, en s’attaquant à nos repères culturels et familiers, en pervertissant notre instinct et en démagnétisant notre boussole. Ils sont malheureusement le lot de tout expatrié. Oui, le diagnostic est simple mais comment savoir si vous souffrez de chocs culturels ? Peut-être quelques démangeaisons ici et là, ou bien des maux d’estomac ou une poussée d’acné peuvent vous mettre sur la voie. Cependant les symptômes sont relativement faciles à discerner : Sentiment de déracinement, mal du pays, dépaysement, frustration, colère, nostalgie, refus de s’intégrer à la communauté, refus de parler la langue de la culture d’accueil, la plupart des connaissances partagent la culture d’origine,refus d’apprendre à connaître la culture d’accueil, préférence pour les éléments de la culture d’origine, ennui, léthargie, troubles du sommeil et de l’appétit, anxiété, dépression, repli sur soi, dénigrement de la nouvelle culture…
De gentils scientifiques ont gentiment définis a l’aide de jolies courbes les phases par lesquelles nous passons lorsque nous sommes confrontées aux chocs culturels:

Je me rappellerai toujours de l’un de mes premiers chocs culturels: j’étais alors étudiante à Minneapolis. Un jour une jeune américaine, bien du Midwest candide et innocente, est venue vers moi, avant le début d’un cours et m’a demandé pourquoi je portais toujours des pantalons noirs. Etais-je en deuil ?
…
Pour ma part, après 6 ans d’acculturation et assimilation, mon état est plutôt stable, mais il m’arrive d’avoir quelques rechutes. On est jamais à l’abri d’un bon choc culturel …je me rends bien compte que ma façon de communiquer, mes attentes, mon espace vital, la manière d’envisager la vie au quotidien et à long terme ont évolué. Et puis, je ne voudrais pas trop vous alarmez, mais si vous souffrez de chocs culturels, il se peut qu’après quelques années, vous connaissiez le contre-choc culturel. Plus redoutable encore car celui-ci se manifeste spontanément en contact avec votre culture d’origine.
Je sais de quoi je parle, depuis mon arrivée en France il y a une semaine, j’ai quelques soucis respiratoires a chaque fois que je me retrouve dans un lieu public fermé











mouais… la courbe est quand même idéal … parce que même une fois accoutumée, il y a toujours des petites rechutes
toujours pas accoutumées pour moi………..
(les américains t’ont eu avec leur politique anti-tabac….. t’es convertie!!!!)
Jolie courbe. Je suis en phase 4 depuis un moment… il est temps d’aller voir ailleurs.
C’est vrai que le retour dans le pays d’origine peut être difficile. Le plus difficile, c’est quand on a des enfants, pour qui ce pays d’origine est totalement étranger. Parce que le pays d’accueil est leur pays, là où ils ont leurs copains et copines, leur école… leur quotidien.
J’avais une prof de piano polonaise. Elle a voulu “rentrer” en Pologne. Pour ses enfants, c’était un déchirement de “partir” en Pologne, ils voulaient rentrer chez eux… en France.
Sinon, je ne savais pas que les pantalons noirs étaient signe de deuil. De toute façon, je ne porte que des jeans.
Accoutumé, clairement, même si je reste très français sur plein de choses. Intégré ? Je ne suis pas sûr que ce terme signifie grand chose aux Etats-Unis où la diversité culturelle est gigantesque. Mais c’est clair que la fumée de cigarette en France est l’une des raisons pour laquelle je n’ai aucune envie de rentrer. J’ai trop souffert d’asthme et de bronchites aigües plus jeune pour avoir envie d’en refaire l’expérience.
Je n’ai jamais eu vraiment de grosse période de blues et d’envie de rentrer, même au cours des deux premières années. Il y a des choses qui me manquent, bien sûr, mais il y en a sans doute encore plus qui me manqueraient si je rentrais en France.
Heu mais la y a un probleme dans la courbe… Cela signifierait que meme si on est plus romain que romain on ne peux JAMAIS arriver a un etat de satisfaction similaire a celui d’avant le depart…
Sinon meme moi fumeuse je ne peux definitivement plus fumer dans un lieu ferme… J’ai l’air idiote lorsque en france je prend mon verre de vin et vais fumer ma cigarette dehors…
Bonjour,
Le “retour au pays” ca doit etre un sacre choc egalement…
Au bout de 5 ans, je n ai aucune idee quels sont les chanteurs a la mode en France, la moindre emission de Tv…etc…
Chaque chose en son temps.
Bonne journee, Christophe
Comme Arnaud: accoutume, habitue, c’est clair. Integre jamais, car simplement impossible. Et pusi c’est trop cool d’etre Francais.
Les Americianes de jurent que par le jean taille basse. Or seulement 5% d’entre elles sont capables de le porter sans que ca soit horrible. Elles feraient mieux de se mettre au fut classique beaucoup plus permissif.
En fait, le pantalon noir est peut-etre typiquement Francais, mais c’est finalement tellement joli…
Je suis en phase stable et “intégrée” je crois, mais je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs. Il faut dire que je suis venue en Suède pour rejoindre mon copain, et nous sommes toujours ensemble, alors je n’ai aucune raison de partir.
Personnellement, je ne vis pas les chocs culturels comme quelque chose de négatif, mais comme une période d’adaptation plus ou moins longue. Certaines choses ne me choquent plus depuis longtemps, d’autres me choquent plus ou moins, et je vais sûrement être choquée dans le futur aussi.
Les bouteilles de Coca de 2 litres ne m’ont jamais choqué (j’en achète jamais), par contre un bon pain croquant me manque… de temps en temps!
Je pense aussi que le choc culturel est souvent beaucoup plus violent pour les célibataires que les couples. Ceux qui arrivent ici en couple ont souvent beaucoup plus de facilité pour s’acclimater. Les célibataires (à l’exception de ceux qui fréquentent et draguent surtout des compatriotes ou des Européens), surtout ceux qui sont sortis des études depuis un bon moment, subissent souvent de beaucoup plus gros chocs culturels dûs aux grosses différences en matière de drague et de rapports entre les sexes.
Arnaud a raison: tout reste une question de cul… D’ou l’incomprehension culturelle sur le probleme des jeans/pantalons noirs….
Je me demande bien dans quelle phase je suis… accoutumance surement. C’est difficile les chocs culturels, meme si parfois ils pourraient etre encore plus forts (je suis à NY, pas dans une ville perdue de la campagne chinoise). En tout cas le mal du pays, et le fait d’avoir pas faim sont quand meme presents!
Voilà un approche scientifique de la question. Très jolie courbe et bien dans le style américain. J’ai remarqué qu’ils adorent les petits visuels, camemberts, graphes… des journaux même si très souvent ils ne les comprennent pas et parfois pour la bonne raison qu’ils ne font pas toujours sens (les graphiques pas les ricains.)
Je ne parlais pas du tien bien sûr qui est très parlant
Bonne journée!
C’est curieux, les chocs culturels m’ont construite petit à petit. Mes normes et valeurs ont évolué, j’ai pris du recule par rapport à de nombreuses choses, mais j’ai hâte de repartir.
Lors de ma première expatriation, j’étais une française en Espagne. Puis au fil des années et voyages dans le reste de l’Europe, je me suis sentie Européenne. Etant célibataire, j’ai pu voir, la place de la femme dans chaque pays. Surprenant!!!
Le USA ont été une grande source de chocs… leur ouverture, leur nombrilisme, les “dates”, la religion, le travail…
Toutes ces expériences, m’ont permis de devenir ce que je suis… Je n’ai jamais vraiment souffert du mal du pays. Je m’intègre assez facilement là où je vis. Et j’avoue que le retours en France a été comme une claque. Je ne me sentais plus chez moi. En total décalage. J’ai réappris à y vivre, mais encore aujourd’hui, je me rends compte que mes ami(e)s les plus proches sont des expatriés ou ex-expat.
C’est sympa les chocs culturels !
Je promets de vous repondre a tous des que je me remets moi-même des multiples chocs culturels auxquels je suis confrontée depuis quelques jours. Je ne viens que 2 malheureuses petites semaines en France par an et me voilà dans Ze grèves de la SNCF et de la RATP, le bonheur!!!!!!!
Des retours comme celui-ci, ne me donnent franchement aucune envie de revenir dans mon pays….
tjrs a raler celle la!
Tu me rappelles mon premier choc culturel en France. Tellement fort, tellement déstabilisant.. Première fois que je vais a l’épicerie. J’ai pris 2 heures pour le faire et a la fin je voulais pleurer. J’étais trop déstabilisée. Aucun repère.. c’était atroce
Vraiment sympa cette courbe!
Moi c’est les contre-chocs culturels qui me tuent le plus, finalement. J’espere que les greves se seront tassees d’ici mon incursion en decembre… Bon courage!
Arnaud: les chanteurs a la mode, les emissions tele en France, je ne sais pas non plus, mais j’ai jamais su
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Arnaud: étonamment, je suis pas vraiment d’accord pour l’effet célibataires/couples, ou pas tout a fait. En fait, j’ai l’impression que les couples s’acclimatent vraiment jamais. C’est moins nécessaire aussi.
P-e que t’as raison: les célibataires subissent plus les chocs culturels, mais s’intégrent aussi bcp plus (mes observations), parce qu’ils n’ont pas le choix d’aller vers les locaux.
Je suis souvent surpris de la “non-intégration” de couples parfois même après 10 ans sur place: très peu de références locales, etc. Les couples se plaignent souvent que c’est plus difficile de se faire des amis, etc. Avec des enfants, ca change la donne, mais…
Pour le pantalon noir, il aurait fallu répondre: “it’s because I have a “gros-cul” …” pis la, t’expliques, ou pas.
Raoul: c’est vrai, je connais des couples qui se sont recrees une petite France ou une Petite Espagne..aux US, a vivre entre couples, ce qui est assez difficile du point de vue du celibataire de sortir avec ce petit monde ou d’entrer dans le cercle. Mais bon ca se fait hein.
Pourtant de mon point de vue, celui de la celibataire, je rejoins plutot l’avis d’Arnaud, pour ce qui ressort de la drague, du sexe, mais pas seulement, il y a les relations d’amities aussi, les relations avec autrui tout betement. Etre celibataire aux US n’a (pour moi) rien a voir avec etre une celibataire en France…
Ciao !
je me sens d’autant plus concerné par le graphique que je vis à Rome depuis plus de 2 ans !
Pour ma part, je me situe en phase 4 entre pas intégré et intégré… Peu d’amis italiens, mais une passion pour la ville et la vie à Rome.
Et bien souvent en contre-choc avec la France…
Eric
Aprés un mois et demi aux states, c’est peut être un peu trop tot pour pouvoir juger de son insertion et pourtant c’est le premier mois quand on galere un peu en s’installant que l’on s’interroge sur une possible integration. Meme si on m’a tiré mon vélo ce matin, j’essaie de ne pas juger trop rapidement le pays ou les gens. Je me dis qu’on m’a pas forcé a venir ici, et que meme si c’est different, c’est une chance de pouvoir etre dans un nouveau pays ou beaucoup de choses (bonnes et mauvaises) restent à decouvrir.