
Il existe un endroit maudit ou tout expatrié vivant aux Zétazunis, sans exception aucune, a connu au moins une fois dans sa vie et se serait bien passer d’y avoir traîné les pieds et perdu un temps précieux: l’Ambassade des Etats-Unis de son pays.
Convocation incontournable et inévitable dans la capitale, qui pour certains chanceux ne se fera qu’une fois tandis que d’autres, moins chanceux, se verront attribuer un carte de membre forcé. Je fais partie de ces derniers qui ont eu le “privilège” d’avoir fouler à moult reprises les parquets américains dans le 8ème à Paris. Il y a un mois, déjà, je retournais en France faire le plein de bonnes victuailles et de bons vins, de bonnes rencontres et de réunions familiales, mais surtout je revenais principalement pour que l’on me colle un nouveau petit visa tout coloré sur mon passeport sans lequel je n’aurais pu revenir vivre et travailler en Californie. Au bout de la sixième visite, je me suis autoproclamée vétérante des soirées de rendez-vous avec l’ambassadeur.
Cependant, ce dernier n’aime pas vous savoir trop confortable et confiant quand vous allez chez lui et l’on suppute qu’il mène les futurs appelés à l’expatriation par le bout du nez en changeant de protocole à chaque fois qu’il reçoit. Vous ne connaissez pas l’histoire ? Laissez-moi vous la conter, après tout c’est bientôt Noël…
Il était une fois, il y a de cela bien longtemps, des consulats américains en province de Gaule et de Navarre, où vous pouviez déposer votre passeport, prendre un petit café au distributeur et attendre un petit quart d’heure pour retrouver celui-ci dument tamponné d’un joli visa. L’affaire était dans le sac en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Vous vous doutez bien que cela n’a pas plu à l’Oncle Tom qui décida de centraliser ses services consulaires dans un même bâtiment à Paris, près de la place de la Concorde. A défaut de vous retrouver avec des centaines d’autres de vos compatriotes à vous geler les fesses sur le trottoir pour rentrer, autant avoir un peu d’animation à regarder.
Un beau jour, du haut de sa fenêtre au dernier étage de son palais, monsieur l’ambassadeur ne supporta plus le bruit de tous ces badauds amassés à sa porte et décréta qu’il fallait les discipliner en leur donnant des rendez-vous, à heure fixe et à date précise. [Et puis, il fallait bien se dire aussi qu’une telle foule serait une bonne cible pour des attentats terroristes. Cela ferait tache sur le cahier des charges] Le nouveau protocole fut donc de mieux les diviser pour mieux les contrôler. Les pauvres aspirants expats durent laisser leurs passeports qui leurs furent renvoyés par courrier rapide (à leur propre frais, bien entendu) afin qu’ils n’abusassent pas trop longtemps de l’hospitalité royale américaine. Tout cela aurait été parfait si ce n’était la vétusté et la promiscuité des locaux, qui très vite transformaient les prétendants en état végétatif, entre la citrouille et le navet, au bout de deux heures d’attente.
Qu’à cela ne tienne, proclama l’ambassadeur, si ces manants ne peuvent supporter de suffoquer pendant quelques heures sans eau, ni musique et téléphone, ils n’auront qu’à attendre dans une ruelle derrière l’ambassade où une seule fenêtre leur sera consacrée uniquement durant les matinées. Seules les personnes avec un passeport bleu, arborant le blason d’un aigle royal, auront droit d’audience. Très vite, le malheureux s’est rendu compte de son erreur de jugement car les pauvres badauds furent malmenés plus d’une fois par des manifestations contre une guerre menée par ses sbires dans une contrée lointaine. Craignant un retour de sang de ce peuple au passé révolutionnaire, un déménagement s’imposa.
Quelques temps plus tard et 200 mètres plus loin, dans un tout beau palais en face des Champs Elysées, les indolents, osant demander asile dans le nouveau monde, étaient désormais accueillis par de gentils gardes du palais qui les dirigeaient vers une salle où on les dépouillaient de toutes richesses (Ipod, téléphone, clés de voitures, épées et pistolets). Seuls les documents afférents à l’obtention du St Graal visa leur étaient épargnés. On leur demandaient de prendre numéro, les invitaient à s’asseoir et prendre patience, quelqu’un allait s’occuper de leurs doléances. Méfiants aux premiers abords de cette générosité, les sujets prirent peu à peu conscience d’une farandole de numéro chantonnée à une cadence effrénée. A leur plus grande joie, ils entendirent leur numéro appelé et virent le sourire d’un guichetier. En moins de temps qu’il ne faut pour traverser Paris, ils étaient de nouveaux à l’air libre et pourvus de leurs biens. Jamais, de leur vie de manant d’expat’, cette visite imposée ne fut aussi facile. Tout était beau et bien dans le meilleur des mondes.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de visas.
THE END.
Bonus conte de Noël : Et même parfois, on peut avoir la chance de rencontrer à la sortie du palais, des vilains trop gentils, avec qui vous ne pouvez papoter que trop peu, malheureusement, car vous etes comme d’habitude arrive en retard. 
Bonus extra : Et si vous vous posez la question, oui, vous pouvez vous faire tirez le portrait dans le palais et non pas attendre que le clocher sonne dix heures pour allez chez le photographe des champs…et perdre une heure pour rien… 











Ch’suis bien content d’etre sorti de ce bordel, moi…
Ouais franchement ca a ete vite cette année!
Moi j’ai connu la petite fenetre la premiere fois, puis le gros bazar dans les anciens locaux la deuxieme fois,e t là, la troisieme fois, ca a ete bien! Puis ouais on a de la chance, on rencontre des bloggeuses et tout à la sortie!
Le Piou: Ch’serais bien contente de pouvoir en sortir de ce bordel, moi…
la vilaine: Oui, cette annee a ete un bon cru !
que de periples quand meme. Cela m’a fait plaisir de vous avoir vu, meme si c’etait bien trop rapide…
Blue: c’est pour ca que tu fais la cour aux Frenchies green-cardes????
Serieusement: je comprends bien… combien de temps il te reste, ici?
Le Piou: Et oui, tu as vu ma derniere demande en mariage sur un autre blog ?
Cela ne t’interesserais pas d’adopter une fille ?
Serieusement: je suis en plein dedans, justement et je me pose beaucoup de questions. Il ne me reste qu’un an!