La rédac’ du mois devient très populaire, il y a Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Christophe, Hibiscus, Alcib, Anne, Hpy, Isabelle, Joël, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Anne B, V à l’ouest, Froggie, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Lelynx, Cecfrombelgium, et Gally, et ils ont tous rédigés une petite note sur le luxe. Sujet O combien passionnant, car tellement versatile. J’ai finalement décidé de prendre cette rédac’ du mois comme une dissertation de philo. Après tout, le luxe c’est quoi ? Un concept très subjectif qui définirait tout ce qui est au-delà du nécessaire et donc ne relevant que du superflu ? Le luxe, du superflu ? De l’inutile?
Quand j’étais petite, le luxe, c‘était pour moi les robes de cocktail et les diamants éclatants des vieilles dames aux beaux brushings dans Dynastie, les chandeliers en crystal, les Ferrari rouges et jaunes à Monte-Carlo, les smokings et les manteaux de fourrures, les vacances sur un bateau, les villas au bord de la mer, le caviar et le champagne. Le luxe ne s’exprime-t-il pas dans notre monde par cette aisance materielle, cette abondance de richesses, ce qui ce voudrait le nec plus ultra du bon gout?
Et puis plus tard, j’ai pensé que le luxe c’était de voyager, aller au bout du monde, explorer, m’éduquer, mener une vie hors du commun des mortels, une vie intellectuelle et pleine de remises en question, une vie où il n’y aurait pas à travailler. Etre rentier ou écrivain ou bien peintre reclus sur une île des caraïbes et me laisser vivre des douceurs du climat, de la culture locale et m’adonner entièrement à mon art, ma passion.
Aujourd’hui, je commence à penser que le luxe c’est ce superflu nécessaire à chaque individu, ce superflu qui apporte le plaisir recherché, mais absolument essentiel, quelque soit la valeur qu’on lui attribue : la dernière montre Chanel, les escarpins de Louboutin, la dernière petite de chez Ducatti, la vue depuis son bungalow sur la plage de Bora Bora, le regard amoureux de sa chère moitié, le temps passé à regarder grandir ses enfants, les moments partagés avec sa famille et ses amis. Le luxe c’est ce superflu indispensable qui donne le temps d’être, la capacité d’avoir…tout simplement, du moment que l’on se sente vivant, vibrant grâce à ce superflu.
Voilà le luxe, la possibilité de se permettre ce superflu. Et c’est ici que se trouve le vrai sens du luxe, pour moi, car il n’est accessible encore qu’aux riches de pouvoir le vivre afin d’avoir mais surtout afin d’être. Apres tout, de nos jours, meme “le temps c’est de l’argent”. Je finirais cette modeste reflexion sur les mots justes de Stéphane Marchand (Les guerres du Luxe) qui explique le luxe comme « […] le refus fondamental de l’être humain de limiter sa vie à une survie ».











Dans ton dernier paragraphe, je nuancerais quand même entre le luxe matériel et le luxe immatériel… qui peuvent être tout autant superflu. Cependant je vois nettement plus de superflu dans le côté matériel…
J’aime bien tes définitions. Ce qui me paraît essentiel et que tu esquisses c’est l’importance de l’être au dépend de l’avoir et à fortiori du paraître. Le temps d’être dont tu parles n’est pas accessible qu’aux riches mais c’est vrai qu’il est plus difficile à trouver pour un SDF qui loge dans la rue. Surtout en ce moment, fait un froid glacial.
J’aime beaucoup cette définition… que sans luxe (peu importe quel genre et quelles envies), ce ne serait que survie
Je fais aussi une différence entre le luxe matériel et le luxe immatériel, entre l’avoir et l’être, le bien-être même. Mais c’est sûr que ce superflu rend la vie plus agréable !
Laurent: Et bien je pense qu’il est aussi valable pour le luxe immateriel vois-tu ce superflu, car il n’est pas donne a la grand-mere qui eleve ses petits enfants orphelins du sida (pour ne siter qu’un exemple) de pouvoir se permettre le luxe de vieillir tranquillement sa vie, d’etre. Voila ce que j’entends pas superflu de l’etre…Tres peu de gens dans le monde peuvent se permettre le temps d’un voyage, d’une reunion de famille, d’une lecture… le temps de se definir en tant qu’etre humain.
le temps d’etre finalement c’est la liberte dont tu parles dans ton article!
Joel: Oui
Jo Ann v.: Moi aussi, cette definition de survie est revelatrice du plus grand luxe: il y a ceux qui peuvent vivre (se payer du superflu) et les nombreux qui doivent encore survivre…
hibiscus: je dirais meme insidpensable au bonheur (dans une moindre mesure) de l’homme
Le luxe de pouvoir se faire plaisir parfois, c est quand meme bien agreable
!
Bon week end, Christophe
Eh oui, le vrai luxe n’est accessible qu’aux riches.
Mais le rêve, le partage, le rire d’un enfant, ce sont fort heureusement des joies accessibles aussi à ceux qui n’ont rien (et vu qu’ils n’ont rien, ils savent apprécier).
Le luxe, c’est le superflu. c’est exactement par cette phrase que j’ai commencé mon sujet. Mais quel bonheur que ce superflu qui me paraît nécessaire pour vivre heureuse.
Riche, c’est bien. mais quand on peut tout avoir, où sont les rêves d’avoir ?!. Moi je ne veux pas tout avoir, ni pouvoir tout avoir, j’aime rêver à ce que je n’ai pas…
ohhh c’est une coincidence, moi je viens d’écrire sur ma frustration de ne pas trouver les paires de botte qui me vont, notamment parce que je n’en trouve pas une qui coûte moins de 90 – 100€ et qui est “bien”
misère lol
christophepb: Ce sont ces petits plaisirs qui mettent du piment dans la vie . Bon weekend a toi aussi
Isabelle: finalement, le plus essentiel des luxes non?
chantal: nous sommes d’accord, nous parlons bien ce ce “superflu, chose necessaire” de notre ami Voltaire
trinitty: tu as des gouts de luxe
, j’espere que tu les trouveras un jour ces bottes de reve
A chaque fois je me dis que je devrai y participer à la redac du mois… mais le temps me manque… tiens ça serait mon luxe ultime, avoir du temps pour faire ce que j’ai vraiment envie de faire!
Ca… plus 150 paires de chaussures, hein
Candy Froggie
our la redac’ du mois, c’est faisable, un petit mail a Olivier et Laurent et tu es sur la liste pour le 15 janvier
Plus on est de fous, plus on rit
Le luxe des uns est l’ordinaire des autres.
Le luxe des uns est le clinquant des autres.
Moi, j’ai une sale relation avec le luxe: j’adore, il m’adore mais mon banquier (et ma femme!) deteste cette situation…
C’est lourd.
Bonjour,
Je passais par là et j’ai lu votre rédaction sur le luxe ainsi que vos commentaires.
Je crois qu’il faut aller plus loin et essayer d’être le plus réaliste et objectif possible. Je dirais qu’il faut distinguer que : le développement dans l’ordre de l’avoir est un élément absolument fondamental pour répondre au besoin de protection, de subsistance, de savoir. Mais au delà d’un certain seuil, en restant dans l’ordre de l’avoir nous basculons dans ce que Gandhi avait appelé le désir de possession qui conduit à de la toxicomanie. Pour un être humain, l’élément fondamental, ce n’est pas d’être un mammifère rationnel et consommant, c’est d’être un être capable de se poser la question du sens de son voyage de vie, individuellement et collectivement ; c’est un développement dans l’ordre de l’être plutôt qu’un développement dans l’ordre de l’avoir. C’est toute la différence entre se dire : J’ai du bien et je suis bien. Si j’ai du bien, je suis déjà dans la peur qu’on me le vole ou dans l’envie du rapport à autrui. Si je dis : Je suis bien, je suis dans un rapport à autrui, à moi-même et à l’univers extraordinairement plus positif. En restant dans l’ordre de l’avoir, un supplément d’argent, un supplément de technique… devient vite indispensable, comme dans la toxicomanie, ce supplément soulage brièvement dans l’attente d’un nouvelle dose plus forte encore.
Nous ne pouvons imaginer la souffrance du SDF comme celle de l’enfant du tiers monde qui mange des ordures. Nous ne pouvons imaginer qu’un jour nous serons aussi SDF et pourtant… Dans cette société c’est possible parce que nous sommes tributaires de l’aliéniation des uns par les autres. Parce que nous sommes devenus individualistes et pour certains égoïstes. Parce que le plus souvent, justement nous ne nous posons plus de questions sur le sens de notre condition humaine et si notre vie est encore véritablement humaine. Si en fin de compte nous ne sommes pas des êtres d’avoir robotisés dans leur comportement de consommateur s’éloignant toujours de son humanité et se son corollaire le milieu naturel de plus en plus artificiel. Pour finir je vous réfléchir sur un aspect essentiel de notre existence terrestre; dans un monde fini, nous ne pouvons pas avoir une croissance infinie. La multiplication des objets de chacun épuise nos ressources. Le plaisir doit aussi avoir ses limites car, après le plaisir risque d’advenir la survie de l’espèce. Des millions de précaires en témoignent dans notre société “riche”. Plus quelques d’entre nous seront “aisés”, plus beaucoup d’autres seront “indigents”.
Bonjour Bluelulie, j’aime décidément beaucoup lire tes redac’! Bisous!
Arnaud H et HPY : Tres bien resume
Le Piou: le luxe t’adore ?!
Bon, t’aime le foie gras ?
Michel: Bienvenu par ici et merci pour votre analyse. J’ai vraiment apprecie de vous lire. Je vous suis tout a fait, l’humanite ne s’y retrouvera que le moment ou elle redefinira la priorite sur le developpement de l’etre.
JvH: Coucou
merci. Bisous a toi aussi!!!